Alberto Contador (Trek-Segafredo) sur la cinquième étape de la Vuelta

Alberto Contador (Trek-Segafredo) sur la cinquième étape de la Vuelta

Cyclisme

Alberto Contador, la fin d'un géant

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Alberto Contador n'est plus un coureur cycliste. L'Espagnol de 34 ans vient de conclure sa carrière par une dernière Vuelta. Le Madrilène laissera une trace indélébile dans l'histoire du cyclisme, malgré des zones d'ombre qui entâcheront sans doute sa légende.

C'est fini. On ne verra plus la silhouette élancée d'Alberto Contador se dandiner gracieusement sur un vélo. Un crève-coeur pour certains, un soulagement pour d'autres. L'Espagnol (34 ans) laisse un héritage en or massif, entouré de courses de légende. Mais également une suspension pour dopage, deux Grand Tours retirés, et une suspicion permanente. Un personnage ambivalent, qui n'a laissé aucun observateur du cyclisme indifférent. Ses premiers titres à la fin de "l'époque" Lance Armstrong, sa rivalité avec Andy Schleck et son crépuscule somptueux : sa carrière a été jalonnée de moments de gloire et de mises en retrait.

Après des débuts chez la ONCE de Manolo Sainz puis la Liberty Seguros, Alberto Contador rejoint en 2007 Discovery Channel, l'ancienne équipe de Lance Armstrong, dirigée par Johan Bruyneel. Sa première victoire sur le Tour de France la même année, alors qu'il devait être l'équipier de Levi Leipheimer, sera autant due à l'abandon forcé de Michael Rasmussen, alors maillot jaune, qu'à ses incessantes attaques dans le Plateau de Beille ou Peyresourde.

Andy Schleck, le rival

Son doublé Giro-Vuelta 2008 marquera son entrée dans la caste rare des coureurs ayant gagné les 3 Grand Tours, avec Anquetil, Hinault, Merckx, Gimondi puis plus tard Nibali. Sa victoire en 2009 sur le Tour de France, où il s'empare du maillot jaune à Verbier face aux frères Schleck et à Armstrong, le rend insatiable. "El Pistolero" dégaine à tout-và, et s'impose presque partout où il décide de jouer la victoire.

Contador veut tout dévorer. Son panache et son caractère offensif séduisent le public, qui suit à la trace la rivalité naissante avec Andy Schleck, son plus sérieux concurrent. La confrontation prendra une ampleur tempétueuse lors du saut de chaîne du Luxembourgeois dans le Port de Balès sur le Tour de France 2010. Contador attaque son adversaire et s'en ira cueillir le maillot jaune qu'il gardera jusqu'à Paris. Ironie du sort ou justice à posteriori, sa suspension pour contrôle positif au clenbutérol (l'affaire du "steak contaminé") en 2012 par le TAS lui enlèvera ses victoires acquises entre 2010 et août 2012.

L'épouvantail Chris Froome

La fin de sa carrière, amorcée en 2012, oscillera entre déceptions (Tour 2013) et victoires somptueuses (la rocambolesque étape de Fuente De sur la Vuelta 2012 ou l'étape du Mortirolo sur le Giro 2015). La faute principalement à un homme : Chris Froome. A partir de 2013, le Britannique raflera tous les Tours de France qu'il termine, ne laissant que des miettes à ses concurrents. Contador, sur la pente descendante, ne peut lutter pour le podium et doit s'incliner. Jamais vaincu, le Madrilène prendra sa revanche sur la Vuelta 2014.

Vainqueur officiel de 7 Grands Tours (2 Giro, 2 Tour, 3 Vuelta), Contador aura marqué l'histoire du cyclisme. Certains retiendront le tricheur, d''autres l'attaquant, l'opportuniste ou le guerrier. Personne n'aura tort, il est tout ça à la fois. Sa dernière Vuelta, où il a tenté de remporter une ultime étape, fait en tout cas honneur à son caractère : l'attaque avant tout. "El Pistolero" a tiré son dernier coup.

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